Pourquoi la douleur chronique et la maladie sont-elles si difficile à comprendre
et à traiter?
Par Sébastien Plante, Physiothérapeute et ostéopathe
Le phénomène de la douleur chronique représente un défi
de taille pour les professionnels de la santé puisque des millions de gens
en souffrent quotidiennement sans trouver de solutions à leur problème.
Cela représente un fléau important puisque le nombre incommensurable
de consultations répétitives pour le même problème qui
persiste surcharge considérablement notre système de santé.
De plus, les coûts associés pour investiguer chaque patient par différents
examens médicaux sont exubérants. Comment se fait-il qu'avec toutes
les connaissances que possède notre société moderne et avec
tout l'outillage médical dont dispose les chercheurs pour effectuer leurs
recherches, nous continuons d'accumuler des échecs thérapeutiques
à chaque jour. Malgré toutes les merveilles qu'à fait la médecine
nord-américaine et tout le mérite qui lui revient, il faut tout de
même se pencher sur certaines lacunes si nous voulons continuer de faire évoluer
notre compréhension de la douleur et permettre ainsi à des milliers
de gens de retrouver une qualité de vie optimale.
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Nous vivons aujourd'hui dans une ère de mensonges. Les enjeux économiques
et politiques sont devenus beaucoup plus importants que la préoccupation
réelle du malade. Il s'écrit aujourd'hui à peu près
n'importe quoi dans les magazines, les revues et les journaux. Chacun soumet ses
propres croyances avec une multitude d'opinions qui divergent sur le même
sujet. Face à la complexité du corps humain et à sa constante
évolution, il faut d'abord et avant tout avoir l'humilité d'admettre
qu'il y a très peu d'éléments de certitude mais plutôt
plusieurs arguments de probabilité qui nous amènent à diagnostiquer
un problème. Il y a eu des modes de thérapie dans le passé
et il y a des nouvelles tendances. Certaines théories et hypothèses
que l'on croit vraies dans le moment ne le seront peut-être pas dans 50 ans.
Chaque discipline et chaque école de pensée proposent donc un modèle
de fonctionnement du corps humain qui diffère d'une formation à l'autre
avec par contre, des grandes lignes de pensée qui s'entrecroisent. Les approches
pour ensuite évaluer et traiter le corps humain sont très diversifiées,
certaines écoles s'appuyant sur des faits scientifiques et d'autres sur des
propos aléatoires plus difficilement mesurables. Chaque professionnel de
la santé vous informe par la suite de son opinion selon la formation qu'il
a reçue, selon ses croyances et son expérience clinique. Donc pour
le même problème, si vous consultez cinq professionnels différents,
vous risquez d'obtenir cinq diagnostics différents. Cela peut être
très frustrant pour un patient qui ne s'en remet qu'à l'avis médical
puisque cela soulève un problème majeur: qui croire ? C'est pour cette
raison qu'il ne faut jamais considérer un diagnostic médical comme
un diagnostic final mais plutôt comme un point de départ dans la recherche
de solutions. Le patient a donc un rôle actif à jouer dans sa guérison.
La médecine traditionnelle aurait tout intérêt à travailler
conjointement avec les médecines parallèles ou alternatives comme
cela se fait dans certains pays d'Indonésie ou orientaux. La médecine
traditionnelle Nord-Américaine n'adhère seulement qu'au fait scientifique
mesurable mais même la vie humaine sur terre ne peut pas encore être
expliquée de façon scientifique et absolue. Donc, l'être humain
est composé d'une matière apparemment vraie, mais qui peut facilement
être faussée lors de test puisqu'elle est en interaction constante
avec six sphères: émotionnelle, nutritionnelle, génétique,
physique, environnementale et spirituelle. L'ensemble de ces six sphères
doit toujours être considéré lorsqu'on aborde un individu souffrant
de douleur chronique, à défaut de quoi, les risques d'échecs
sont plus propices si nous n'intervenons pas dans la sphère prédominante
qui a basculé chez le patient en question.
Ces six sphères sont en interrelation constante et ont une influence les
unes envers les autres. Premièrement, on retrouve la sphère émotionnelle
où siègent tout le stress et les réactions émotionnelles
face à diverses situations passées, présentes et à venir.
Cette sphère est la plus importante mais malheureusement, la plus négligée
due à la mauvaise compréhension de son fonctionnement. Des recherches
plus approfondies s'avèrent nécessaires pour améliorer la compréhension
de la répercussion incontestable des émotions sur le corps physique
et la genèse de différents malaises. Lisez le livre «
La Vérité en face » pour vous aider à percevoir
différemment la maladie et ouvrir vos horizons afin de mieux solutionner
vos conflits. Ensuite, on retrouve la sphère circulatoire ou nutritionnelle.
L'alimentation est ce qui nourrit les cellules et les débarrasse de leurs
déchets afin de permettre un bon fonctionnement cellulaire qui est à
la base du bon fonctionnement de l'être humain. Troisièmement, la sphère
physique et posturale regroupe deux systèmes: le système neuro-musculo-squelettique
(incluant les différents organes de perception) qui permet la locomotion,
la motricité, l'équilibre et la coordination; de même que le
système neuro-végétatif, totalement inconscient et involontaire,
qui ne fonctionne que par voie réflexe et qui contrôle tout le système
vasculaire, l'absorption et l'assimilation des aliments ainsi que le métabolisme
cellulaire. La maîtrise de techniques manuelles de la part du professionnel
pour traiter le crâne, le thorax et le bassin est essentielle pour permettre
au patient souffrant de douleur chronique de retrouver une qualité de vie
optimale. Quatrièmement, il y a la sphère environnementale avec l'impact
considérable du climat, de la qualité de l'air et de la luminosité
sur le corps physique. Cinquièmement, il existe la sphère spirituelle
qui explique qu'il y a une force beaucoup plus grande que nous qui nous unie et
qui nous permet de passer à travers les épreuves difficiles de la
vie. Finalement, il y a la sphère la sphère génétique.
Lorsqu'un patient consulte pour un mal de dos, l'erreur commune est de ne considérer
que le dos. Il ne faut jamais perdre de vue que c'est d'abord et avant tout un patient
qui vient consulter, avec ses craintes, ses peurs, ses croyances, ses valeurs, ses
antécédents et son mal de dos. Négliger de considérer
la globalité de cet individu en ne s'attardant qu'à son dos est une
erreur capitale. Certains organismes payeurs d'indemnisation au travail refusent
même que le professionnel de la santé se préoccupe ou évalue
une autre région du corps que la région où sont les douleurs
de consultation. Ceci démontre à quel point notre société
comprend très mal le contexte global de la douleur et ne s'aide malheureusement
pas, car en bout de ligne, ce sont ces mêmes patients qui trainent dans le
système de santé avec des douleurs qui ne se résorbent jamais.
Comme la médecine traditionnelle se concentre et agit principalement sur
la sphère génétique et physique, elle passera tous les examens
approfondis pour trouver une structure mécanique en cause pouvant expliquer
les symptômes du patient. Cela est tout à fait justifié et souvent
nécessaire mais lorsque la cause n'est pas physique ou génétique,
les résultats escomptés ne sont souvent pas satisfaisants. C'est à
ce moment qu'il est de son devoir de travailler conjointement avec les médecines
alternatives qui s'attardent sur les autres sphères afin de bénéficier
des forces de chaque profession et donner toutes les chances au patient de guérir.
C'est d'ailleurs la première réaction intuitive de plusieurs patients
lorsqu'ils sont confrontés à un échec thérapeutique.
Ils consultent en naturopathie, en psychothérapie, en ostéopathie,
en biologie totale … pour retrouver l'équilibre entre l'interaction de ces
six sphères.
Le nombre d'échecs thérapeutiques en médecine traditionnelle
explique en partie la ruée massive des gens vers les médecines parallèles.
Ces patients qui cherchent désespérément une solution devraient
pouvoir bénéficier de l'appui de leur médecin dans cette démarche
difficile ou lieu du jugement négatif à leur égard parce qu'ils
ont recours à des professions non reconnues par un Ordre professionnel. Rappelez-vous
toujours qu'il n'y a pas de médecine meilleure que d'autres. Il n'y a
que la médecine dont le patient a besoin selon ses croyances et le moment
où il est rendu dans sa vie. Et pour ce faire, chaque professionnel
se doit de collaborer avec ses confrères en mettant de côté
tout jugement négatif basé sur des croyances différentes et
une façon différente d'aborder un problème parfois complexe.
Chaque profession, qu'elle soit reconnue par un Ordre professionnel ou non, possède
des forces et des faiblesses. Si nous cessions de nous critiquer mutuellement et
travaillions ensemble pour faire fructifier toutes ces forces, les patients et le
système de santé se porteraient nettement mieux. Après tout,
les professionnels de la santé recherchent tous le même but, soit celui
d'aider le patient à améliorer sa qualité de vie.
Mais cette philosophie est loin d'être mise en application. Au lieu d'encourager
cette complémentarité, plusieurs professions dénigrent les
lacunes des autres professions dans le simple but de valoriser leur profession et
acquérir plus de pouvoir économique et politique. Déterminer
avec exactitude la cause d'un problème de douleur chronique ou d'une maladie
est très difficile, voire impossible. Par conséquent, déterminer
quelle profession a été plus efficace qu'une autre pour la résolution
du problème du patient ne devrait même pas être une préoccupation.
L'important est simplement que le patient se porte mieux dû à la complémentarité
des soins qu'il a reçus. Malheureusement, il existe plusieurs guerres internes
entre certaines professions car chacune a des droits acquis et ne veut pas qu'une
autre profession puisse pratiquer ce qui lui est réservé. Les patients
souffrant de douleur ne sont même pas conscients de ces litiges mais en écopent
indirectement.
Le problème est que, face à la complexité du corps humain,
chaque professionnel fait face un jour ou l'autre a des échecs thérapeutiques
avec les techniques qu'il utilise. Par passion et dévouement pour leur travail,
certains professionnels de la santé décident alors de se spécialiser
dans d'autres sphères que la sphère dans laquelle ils ont gradué
afin d'aider davantage leur patient. Ce faisant, il développe une expertise
complémentaire avec des outils différents et les résultats
thérapeutiques deviennent souvent encore plus convaincants. Par contre, il
devient difficile de se conformer aux exigences de l'Ordre car certaines techniques
complémentaires, pourtant extrêmement efficaces, ne sont pas permises
légalement dans le cadre de cette profession spécifique. Elles sont
permises légalement, mais avec un autre Ordre professionnel qui détient
les droits exclusifs pour ces techniques particulières. Donc, le professionnel,
conscient des bienfaits qu'il peut apporter au patient doit se restreindre à
sa pratique permise. Ce faisant, il ne peut donc pas appliquer toutes ses connaissances
en pleine liberté à défaut de quoi, l'Ordre professionnel auquel
il adhère, le radiera. Par exemple, vous ne pouvez pas appliquer des manipulations
vertébrales, faire des techniques crâniennes, faire de la psychothérapie
et conseiller le patient sur son alimentation dans la même visite car si cela
venait qu'à se savoir, vous seriez retirés de l'Ordre professionnel.
Pourtant, la combinaison de tous ces traitements est une recette gagnante. Et si
un membre se fait radier de l'Ordre, la première pensée des gens sera
de dire que c'est parce que ce professionnel était fautif. Les apparences
peuvent parfois être trompeuses! Pourtant, les professionnels qui ont un niveau
de connaissance supérieur sur chacune de ces sphères sont souvent
les professionnels les plus compétents et les plus en demande parce que leurs
résultats thérapeutiques dépassent largement ceux des autres.
Mais, plusieurs professionnels de la santé se contentent de faire leur petite
routine quotidienne sans se préoccuper des autres sphères pour ne
pas s'attirer d'ennui. Voyez-vous comment cette attitude malsaine peut nuire au
développement de plusieurs professionnels et par le fait même, limiter
les résultats au patient. Mais est-ce vraiment la faute des professionnels
? La réponse est NON. Les Ordres respectifs obligent leurs membres à
respecter les actes réservés à leur profession selon leur code
de déontologie à défaut de quoi, ils seront radiés.
De plus, un Ordre professionnel ne voudra jamais collaborer avec une profession
qui n'est pas reconnue par un Ordre professionnel. Donc, voilà une autre
cause qui explique que la complémentarité des soins demeurera longtemps
difficilement applicable.
Pourquoi ces Ordres professionnels agissent-il ainsi ? Le rôle d'un Ordre
professionnel est d'abord et avant tout la protection du public, la défense
de ses membres et de ses droits acquis. Donc, comme nous vivons dans un système
de santé qui met de l'avant qu'un jour, les chercheurs trouveront un remède
miracle qui guérit tous les maux, les gens deviennent dépendants face
au système médical et ne se responsabilisent pas. Les gens participent
régulièrement à des collectes d'argent dans différentes
fondations dans l'espoir qu'un jour, la médecine trouve un remède
miracle. Ce faisant, lorsque les résultats thérapeutiques ne sont
pas satisfaisants, il devient très facile d'accuser la médecine ou
le professionnel de la santé de la détérioration de sa condition.
Cela évite de prendre le blâme et de nous responsabiliser. Mais n'oublions
pas que nous sommes tous responsables de ce qui nous arrive, que nous en ayons conscience
ou non. Mais comme notre société moderne tourne le dos à ces
explications, les poursuites judiciaires sont monnaies courantes. Les plaintes contre
les différents professionnels de la santé se comptent par millier.
Pour défendre ses membres, l'Ordre professionnel a évidemment besoin
de moyens financiers importants et pour prévenir de telles dépenses,
elle se doit de limiter la pratique de ses membres à ce qui est scientifiquement
mesurable puisque c'est sur ces faits vérifiables que ce basera la justice.
C'est donc une roue qui tourne et nous sommes tous, par notre comportement, responsable
de l'état dans lequel se trouve notre système de santé.
Si la médecine informerait chaque patient, que parallèlement à
la prise de médicaments, celui-ci se doit de corriger son alimentation et
de solutionner ces conflits psychologiques, nous nous porterions beaucoup mieux.
De plus, si chaque individu cessait de mettre le blâme sur l'autre de la condition
dans lequel il se trouve, les professionnels de la santé pourraient pratiquer
leur travail avec beaucoup plus d'amour. Tout cela permettrait une meilleure collaboration
et une ouverture d'esprit beaucoup plus grande pour comprendre le phénomène
de la douleur. Si nous traiterions les autres comme un prolongement de nous-mêmes,
il n'y aurait pas autant de propos disgracieux envers la médecine traditionnelle
et alternative.
Comme nous sommes encore loin du jour où viendra une saine collaboration
entre les différentes médecines pour ne former qu'une seule médecine
visant qu'un seul but, soit celui de donner le maximum de chance au patient de guérir,
il est de votre devoir d'approfondir vos connaissances sur ces différentes
sphères, l'objectif à terme étant de devenir votre propre thérapeute
et de guérir complètement de vos souffrances. Le patient a donc un
rôle actif à jouer dans sa guérison et il est de son devoir
de s'assurer qu'il y ait un équilibre parfait dans chacune de ces six sphères.
Si vous réalisez le parcours du combattant comme plusieurs l'ont fait avant
vous, vous y parviendrez.
Sébastien Plante,Pht D.O. Physiothérapeute et ostéopathe – InfoNaturel.ca -
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2008
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www.sebastienplante.ca à ce
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